Dès le départ, pour atteindre ses objectifs à long terme, l’Association a prévu dans ses statuts, entre autres projets


- d’organiser des actions de formation, de RECHERCHE


Nous n’en sommes pas encore là ! Néanmoins un jeune adhérent Jean-Dominique 22 ans Master 1 Psychologie clinique (mention TB) nous a fait parvenir spontanément une analyse, supervisée par un autre de nos adhérents Alain, médecin- psychiatre passionné par un sujet qui lui tient à coeur tant au niveau personnel que professionnel.



Témoignage et analyse de Jean Dominique


(Un chercheur en devenir ?)

Une rencontre

J'ai rencontré Traits d'union « un autre regard », attiré par le titre des 3ème rencontres RESILIENCE et TUTORAT : passeport pour l’INSERTION. J'étais à ce moment étudiant en 3ème année de licence psychologie à Nancy. Je n’avais encore jamais entendu parler de cette association. Des mots m’ont attiré : résilience, l’autre regard, comment se reconstruire après le traumatisme, j’ai eu envie d’en savoir plus.


Ces mots qui me parlaient d’autant plus que je venais de passer une année très difficile, en proie à un certain nombre de problèmes familiaux et personnels. Je commençais à peine à sortir d’une réelle impasse existentielle, une période de dépression durant laquelle je m’étais beaucoup isolé, j’avais perdu toute confiance en moi, toute créativité artistique, jusqu’à réellement perdre le goût de la vie.


Des mots qui faisaient écho en moi, juste au moment où je commençais à relever la tête. Je faisais des études de psychologie qui me passionnaient, je doutais encore sur mon orientation, mes capacités et les débouchés possibles. Dans le cadre de mes études j’avais abordé le concept de résilience, les thèses de Boris Cyrulnik. J’avais lu avec grand intérêt un ouvrage sur la résilience co-écrit par Joëlle Lighezzolo et Claude de Tichey. Justement ce jour-là Joëlle Lighezzolo faisait partie des conférenciers.

J'ai été très surpris par l'atmosphère chaleureuse et créatrice qui émanait de ce lieu de rencontres où se côtoyaient des enfants, des jeunes, des anciens, des universitaires, des artistes, des politiques, des thérapeutes, des chefs d’entreprises, des acteurs de la vie économique.
A l’entrée, un peintre laissait aller son inspiration sur une toile. On a vu son œuvre évoluer au fil des heures. Des grandes toiles encore blanches étaient à la disposition du public en vue de réaliser un dessin collectif sur des thèmes comme la résilience, le tutorat. Des débats et intervenants très intéressants. Au piano un auteur-compositeur canadien, plus tard ce dernier a parlé de son chemin de résilience. Pour clôturer la journée, un jeune chanteur de variétés s’accompagnait à la guitare repris par le public.

J’ai été très vite surpris par le caractère global des discussions : la précarité sociale, l'insertion, l'immigration, le traumatisme. Comment sortir du statut de victime, la créativité en lien avec la résilience, le statut de la personne âgée dans nos sociétés, les méfaits de la solitude et de l'isolement, le rôle social des aînés C’est la première fois que j'entendais parler de l'aspect social et familial dans la gestion d'une entreprise. Malgré cette grande diversité, l’ensemble dégageait une cohérence manifeste.

Les témoignages des personnes ayant bénéficié de l'aide de l'association étaient émouvants. On sentait se dégager chez ces personnes une force extraordinaire qui leur permettait de parler de leur passé douloureux sans tabou, avec modestie. J’ai ressenti très fort qu’ils étaient sortis de la lourdeur d'un discours de victime, que désormais ils parlaient en tant qu'acteur et que leurs activités créatives ou professionnelles, ne faisaient que confirmer cette métamorphose à mes yeux (justement le titre du film présenté ce jours-là).

Une réelle atmosphère de joie et d'enthousiasme émanait de ces rencontres, cela m’a redonné espoir pour mon propre parcours. Chez chacun des intervenants, j’ai perçu ces mêmes convictions profondes, celles qui animent la présidente-fondatrice de l’association, Monique Minni, avec laquelle j’ai pris contact le jour même. Je soupçonne qu'il faut être passé par de lourdes épreuves de la vie, avoir pu les dépasser pour être capable à son tour d'avoir cette foi, cette conviction dans la capacité de l’homme à surmonter les situations, même les plus extrêmes.

Depuis j'ai poursuivi mes contacts avec l’association. Je trouve ce projet associatif très porteur. J'ai beaucoup de respect et une certaine admiration pour ce travail mené avec une telle persévérance. J’ai pu apprécier profondément sa vision tant individuelle que globale d’une problématique, un vaste champ de connaissances. J’ai découvert des aspects que je n’appréhendais pas : les impacts du transgénérationnel, la résilience, la créativité, l’importance des activités sportives ou professionnelles adaptées.

J’ai découvert aussi l’EMDR, la SE (Somatic Experiencing), l’hypnose ericksonnienne, la quatrième position perceptuelle de Robert Dilts, son concept de champ). Envie aussi de découvrir Ken Wilber maintenant traduit en français. Autant de moyens pour tenter de parvenir à porter un autre regard sur moi, mes origines, mon milieu, la société, l’époque dans laquelle je vis, sur les autres aussi. Autant de moyens permettant de voir, d’entendre, et surtout de ressentir dans mon corps autre chose que ce que je croyais être.

A des moments de crises plus personnelles, j’ai fait appel à l’association. Le facilitateur a su m’écouter, me donner des orientations concrètes, sans jamais empiéter sur ma liberté personnelle, et ma propre capacité à agir. Parallèlement, j’ai entamé un travail analytique, travail indispensable à mon avenir professionnel que je perçois maintenant plus clairement. Je me sens remotivé dans mon orientation après une période où je me sentais seul avec mes intimes convictions, alors que j’avais de plus en plus la conviction que tout était définitivement dé-lié, que la psychologie n’était qu’un service de plus, réel « garde-fou » dans notre société consumériste et violente.

Aujourd’hui, je discerne mieux où je vais. Cela me permet en même temps de sortir de l’impasse, j’ai pu faire mes choix, respirer à nouveau, vivre enfin plus librement, sachant que beaucoup reste à faire. Pour moi aujourd’hui, les thèmes de Résilience, de créativité sont bien au cœur du sujet.



Lien avec des aspects plus théoriques

J’ai appris qu’il était dans les objectifs de l’association de faire plus tard une large place à la recherche pour faire évoluer les choses, raccourcir les parcours vers le mieux être des blessés de la vie, à défaut d’une guérison complète. Peu à peu, j’ai osé faire des retours à partir de mes connaissances théoriques, de ma pratique débutante, je me suis proposé de faire cette première analyse à chaud de ce travail entrepris par cette association, beaucoup plus ambitieux qu’il n’apparaît au premier regard pour le profane.

Une des idées principales sur laquelle se fonde l'association est la conviction énoncée dès le départ par sa présidente- fondatrice :

Il s’agit de tenter de sortir de toutes sortes d’idées toutes faites, de « croyances », de « dogmes » qui stérilisent plus souvent qu’ils ne construisent».

Cette idée semble une évidence pour sa fondatrice, elle émane de son travail, de son expérience tant personnelle, professionnelle que artistique mais rejoint, selon moi un courant de pensée contemporain en sciences humaines : le courant postmoderniste.

Le Post modernisme est un courant artistique, architectural, philosophique et étendue aux sciences humaines né en opposition au modernisme du début du 20e siècle. Il s'agit globalement d'une remise en cause du modernisme. Elle s'observe en architecture par une remise en cause des formes ultra simplistes et minimalistes du modernisme, les lignes droites et les structures rigides laissant place aux courbes, et aux formes libres.

En fait, c'est un point de vue révolutionnaire vis-à-vis des « croyances » ou « dogmes » qui stipulent qu'en fait, il n'existe pas de vérité universelle. Il n'y a pas de vérité vraie, la quête de vérité est purement subjective. Nous existons dans un monde où les vérités sont multiples, ainsi il paraît illusoire de vouloir toutes les rassembler en une seule puisque chaque vérité possède son antonyme. C'est une remise en cause de ce que les philosophes comme Lyotard ont appelé les « métarécits » universels, ces discours qui ont valeur de dogme dans une société ou un courant de pensée. Tel le discours capitaliste qui prône la liberté individuelle et l'importance de la propriété privée, la capitalisation, les richesses, ou bien le discours communiste qui prône l'importance de la collectivité sur l'individu, la propriété collective, et la planification de l'économie.

Il existe une quantité de métarécits religieux, politiques, philosophiques, scientifiques, chacun affirme l'existence d'une vérité qui ne peut en admettre d'autres en contradiction avec ce qu'elle défend.

Le post modernisme est un courant de pensée alternatif qui s'appuie principalement sur les contradictions et aberrations du 20e siècle. La première guerre mondiale et principalement la guerre froide qui s'ensuit entre les deux grandes tendances, courant de pensée, dogmes ou métarécits qui s'affrontent de part le monde tout au long du 20e siècle : le capitalisme, nationalisme, libéralisme, plus ou moins chrétien, protestant ou orthodoxe, et d'autre part le communisme, internationaliste, communautaire, plus ou moins athée... L'un comme l'autre prône la liberté, une vérité désaliénante pour l'individu et la société, or l'histoire du 20e siècle nous l'a prouvé et notamment la guerre froide (qui selon certain historien commence en 1917 dès la naissance du régime soviétique pour s'achever en 1989) a prouvé que ces métarécits, croyances universelles : « vive la liberté de la propriété individuelle », « vive la liberté de la propriété collective » était l'un comme l'autre erroné. Des événements comme le Printemps de Prague, la bureaucratie soviétique, la guerre du Vietnam américaine, le conflit afghan commun aux Etats-Unis et à l'URSS... Tous ces conflits, ces violences, ces aberrations, ont mené à repenser le bien-fondé de ces métarécits, en philosophie tout du moins.

Peut-on affirmer qu'il existe une vérité vraie, qui soit LA réponse juste, adaptée à tous nos malheurs et assurant notre bien être ?

Les années de gloire du capitalisme après la chute du mur se sont avérées moins riches et belles qu'on ne voulait le faire croire, aussi bien pour le peuple américain que pour les ex. régimes soviétiques maintenant libéralistes. Le nouvel ordre mondial à priori
« juste » laisse place à des crises économiques et sociales successives toujours plus violentes du nouvel ordre mondiale : Dès les années 90 dans les secteurs métallurgique en France, crise de spéculation financière en 1998 au Japon, augmentation des trafics illégaux d'armes, de drogues, accroissement des violences gratuites dans les pays développés, crise irakienne (guerre du Golfe), attentat du 11 septembre, crise économique en 2010, problèmes climatiques, environnementaux. La liste est longue, les violences de par le monde n'ont pas diminuées. Le dogme communisme est réduit à néant. La suprématie du dogme capitaliste, les méfaits de la société de consommation se font chaque jour plus lourds, la dette mondiale s'élève à plusieurs milliers de milliards de dollars. Ces constats sont symptomatiques et prouvent encore une fois que le modèle proposé voir imposé n'est pas la vérité vraie. Mais la vérité existe-t-elle ?

En Sciences, on ne cesse de s'apercevoir que chaque nouvelle découverte est remise en cause, il existerait des particules plus petites encore que celles que l'on appelait atomes, ce qui signifie la plus petite unité de matière (certains grands physiciens parlent même d'Univers à 11 dimensions). On ne cesse de démentir les anciennes vérités pour de nouvelles, mais en réalité il n'existe certainement pas de vérité universelle. Einstein décrit cet état de fait lorsqu'il théorise sur la relativité de l'espace-temps : Toute observation dépend du point de vue de l'observateur. On a le sentiment d'être immobile assis sur une chaise alors que d'un point de vue extra-terrestre nous nous déplaçons à la folle vitesse de 20 km chaque seconde... Or il existe une infinité de points de vue possibles sur un même fait, autant de points de vue que de vérités possibles.

En psychologie, on s'aperçoit que Freud n'avait sans doute pas tout juste. Deleuze fait une critique du complexe d'Oedipe (L'anti-Oedipe), il évoque le mythe de Narcisse... Il n'existe pas un référent unique : les auteurs d'un même courant ne sont pas tous d'accords (opposition en psychanalyse entre Freud, Yung, Klein, Miller, Lacan... et j'en passe...) mais aussi entre les différents courant (paradigme) d'une même science : psychologie, psychanalyse, cognitiviste, comportementalistes, etc. autant de points de vue que d’observateurs.

En fait, il semblerait que bien souvent c'est le narcissisme de chacun qui vient nous leurrer face au vrai car on aimerait détenir à soi seul LA vérité alors qu'il ne s'agit en fait que de notre vérité qui peut être bien différente de celle de notre voisin.

On le remarque en observant l’effet des grandes découvertes scientifiques : bien souvent l’homme résiste à la connaissance pour conserver l’idée qu’il est au centre du monde. L’homme pensait d’abord être au centre de l’Univers, Copernic a révolutionné la Science en prouvant le contraire. Freud a révolutionné la psychologie en prouvant que nous ne sommes même pas maître de notre moi, de nous-mêmes, de nos pulsions animales, notamment sexuelles qui domineraient notre psychisme. Nous ne sommes pas que des êtres de raison pure. Kant fait la critique de la raison Pure, Nietzsche remet en cause notre vision autocentré du Bien et du Mal. Il remarque que la justice sait définir ce qui est mal et la peine qui y est associée, mais on reste au 21e siècle incapable de définir ce qui est bien, qu'est-ce que le Bien ?

En bref, on est arrivé à un constat et au postulat du post-structuralisme dans les années 60. Il n'existe pas de meta-récit universel, il n'y a pas de vérité universelle, mais des vérités multiples dans les écrits et la pensée humaine. Ces vérités sont collectives et subjectives. L'important n'est donc plus de trouver LA solution ou LA réponse à la vie, mais les réponses multiples. Il faut pour cela mixer les différentes idées parfois très opposées, médecine-psychologie, science-croyance, mythe-réalité quotidienne, vie-mort, jeunesse-vieillesse, entreprise-individu, etc.
Bref, l'important n'est plus la fin mais les moyens, la qualité du parcours réalisé, avec une volonté de comprendre notre vérité, et non pas la vérité.


Revenons à TRAITS d’UNION "un autre regard" aujourd’hui


Je pense que les méthodes et l'esprit de cette association sont très liées, volontairement ou non, à ce courant de pensée post-moderniste. Pour moi, elles sont, de ce fait tout à fait dans l'air du temps.

Monique Minni « pioche » dans de nombreuses techniques relationnelles, ou thérapeutiques. Selon moi, elle ne se borne à aucun métarécit particulier. Elle vient piocher dans sa boîte à outils de techniques très diverses, voir opposées. Evidemment cela demande d'être suffisamment habile, de connaître chacune des techniques séparément. Elle s’est formée à des pratiques multiples, une passionnée des sciences humaines, à l’affût de ce que proposent les novateurs en France ou à l’étranger, toujours avide de découvrir d’autres voies. L'objectif final étant d’aider un individu victime d’un grave traumatisme, à sortir d'une impasse existentielle qui n'est pas insensée, même si les comportements de celui qui la vit paraissent insensés, au moment où ils le vivent. Peu à peu on parvient à comprendre que tout cela n’est pas dénué de sens.

Si l'on accompagne le sujet dans ses démarches, si on l'encourage, si on l'aide à comprendre, à mettre du sens sur ce qu’il vit, en l’aidant à revisiter son passé, ses origines familiales et culturels, etc. il comprendra alors que ses agissement sont en fait très sensés, nécessaires. Seul, un individu confronté à de telles difficultés s’isole, peut se perdre, se sentir incompris, rejeté. Cependant, tout peut se métamorphoser s’il trouve l’accompagnement adéquat aussi longtemps que nécessaire, temps différent pour chaque individu. Cette métamorphose entraînant de ce fait celle de son environnement.


L'association s'intéresse aussi aux seniors

Cet aspect-là est indéniablement un aspect très important pour l’avenir de notre société, pour chacun de nous.


Beaucoup de « seniors » aujourd’hui se trouvent dans des impasses : certains n’ont plus d’emplois prématurément, problème de solitude, du piège que leur tend notre société consumériste, qui le regard tourné vers les jeunes « actifs » la société actuelle « oublie », délaisse les personnes plus âgées jugées inutiles alors que dans d’autres sociétés encore traditionnelles, plus humaines, le terme « vieux » n'est pas empreint de cette connotation négative. Les mots « vieux », « anciens » sont remplacés pudiquement par « seniors ».

Lors des rencontres du 2 mai, Malika Dati grand témoin de la journée a utilisé un mot pour les nommer qui a marqué les participants en parlant des « seigneurs ». En Afrique, dans d’autres pays, on associe la vieillesse à la sagesse. L’ancien y a encore un rôle social, un vieil adage africain dit « qu’un vieillard qui s’éteint, c’est une bibliothèque qui brûle ».

Qu'en est-il dans notre société ? Comment se font les transmissions ? Ce comportement vis-à-vis des aînés dans notre société dissimule-t-il un comportement phobique d’une société en quête d’une éternelle jeunesse, du jeune, du beau, une façon de tenir à distance la mort qu’annonce implicitement la vieillesse.

On en arrive à un paradoxe, au moment où la moyenne de vie s’est considérablement élevée (77 ans pour les hommes, 83 ans pour les femmes), un très grand nombre de personnes ne trouvent plus leur place, pour certains à moins de 55 ans. Alors, un très grand nombre plongent dans une forme de dépression. Un coût qui pèse lourd sur les systèmes de santé. Il y a aussi en constante et alarmante augmentation des démences, de la maladie d’Azlheimer : 125 000 nouveaux cas par an, les chiffres du suicide des personnes âgées est en hausse.

Il semble que l'on vit dans une société mondialisée reposant sur un modèle économique privilégiant le marché, l'argent et ses avatars. Le marketing, la publicité, haut-lieu du symbole, du langage, de l'amour et de la vie… On en arrive au point que tout devient insensé, rapide, incohérent, séparé, divisé, et surtout brutal. Serait-ce le résultat direct de notre manque de langage, de symbole ? On sépare les générations, les familles, les hommes.

Ne faudrait-il pas réinvestir l'homme par le langage ; l'entraide, sortir du tout-image dans lequel on est bercé (la pulsion scopique, voir thèse de Bernard Stiegler) car l'image c'est l'imaginaire, la rêverie, le fantasme peut-être ou le langage. Le symbolique, c'est l'inter-échange, la formation du compromis, la représentation de la loi et des règles entre les hommes.

Dans sa phase de développement, l’objectif de Traits d’Union « un autre regard » est de faire appel à de jeunes retraités professionnels de la santé, juristes, avocats, de les former à l’esprit de l’association, à ses méthodes de travail. Bénévolat ? D’autres formules sont à étudier, à mettre en place.


A long terme : des axes de recherches possibles

Tous ces thèmes, et bien d'autres, pourraient faire l’objet de recherche. Notamment sur le concept de résilience. Comment se manifeste-t-elle ? Comment la faciliter ? Etudier les failles inter-générationnelles prépondérantes dans nos sociétés, comment y remédier ? Quels sont les effets de la créativité artistique, du sport sur le sujet en souffrance ? Peut-on exprimer nos émotions en dehors du langage oral, au travers du langage corporel, de la créativité dans son sens large ?

Il y aurait beaucoup d'études et de recherches possibles dans cette voie, par exemple rechercher si il y a un lien entre maladie Alzheimer/démences et traumatismes anciens ?

Je trouve le projet de cette association novateur, voir révolutionnaire. Je pense que c'est une brèche ouverte à un nouveau type d'aide à la personne dans une perspective globale. Cela rejoint bien des constats actuels en psychologie.

Pour ma part, j’ai une conviction - celle des Lumières, de l'humanisme - pas celle de l'humanitaire, mal dégagé du colonialisme, mais l'humanisme émancipateur. J’ai le sentiment que l’homme peut vivre en société, s’il accepte d’oublier un peu son ego, son narcissisme. J’ai dans l’idée que l'homme peut s'émanciper dans l'entraide, nous ne sommes pas si différents ! Il existe bien une identité humaine : homo sapiens.

Je félicite tous les membres de Traits d'union, nul doute je suivrai l’évolution de l’association, j’espère m’associer à son développement d’une façon ou d’une autre. A son contact, j’ai de nouveau foi dans les études que je poursuis, je souhaite mettre au service de l’association mes connaissances universitaires, et pourquoi pas exercer un jour ma profession de psychologue, de chercheur, au service de l’association pour aider à infléchir les choses, expérimenter, explorer de nouvelles approches pluridisciplinaires, aider les personnes à trouver leur propre chemin de guérison, leurs propres réponses.


Quelques mots à propos du logo de l’association

Ce dessin m’interpelle. Un matheux a parlé de fractales. Fractales qui ont une haute valeur symbolique proche de la représentation de la spirale (lié au nombre d’or), des représentations de la structure naturelle. L’analogie est le langage de la nature, la parole est un signal analogique, le non-verbal est tout à fait analogique, mot parfois traduit de l’anglais par digital (doigt, contact, peau, structure, fleur digitale…) les analogies sont nombreuses en ce qui concerne l’analogie, ce qui pour moi pourrait résumer la créativité. La créativité n’est pas seulement analogie, elle est aussi métaphore.

Une dernière mention concernant l’analogie. L’analogie est le système de langage naturel sa représentation la plus pure me semble être la graine avec l’action du temps. Dans les dessins de Monique je vois beaucoup de formes rondes comparables à des graines, simple coïncidence ?

Hubert Reeves, Albert Jacquard parlent d’infiniment grand, d’infiniment petit. Une graine n’est-elle pas infiniment petite comparée au baobab qu’elle est en train de devenir ? Mais une graine ne grandit pas seule. Pour cela, il lui faut un environnement suffisamment équilibré, il lui faut des ressources (eau, minéraux), un environnement facilitateur (pour éviter les obstacles, l’ombre d’arbres trop grands tout autour). Il lui faut surtout de la lumière. Qu’est-ce que la lumière sinon une source de chaleur, d’énergie, de luminosité venant des tréfonds de l’espace, souvent liée à la connaissance…
Une énergie nécessaire pour élever la petite graine en immense arbre de vie, voué à donner des fruits, si les oiseaux, les insectes sont là pour transmettre ses pollens, son savoir.

L’arbre n’est-il pas le pur symbole de l’analogie naturelle liée au symbole exprimé dans le logo de Traits d’Union « un autre regard ». Le travail accompli porte déjà des fruits.


Jean-Dominique Berrod, le 15 novembre 2010